logo
Azzana est un cabinet de conseil spécialisé dans les domaines de la trésorerie d’entreprise, du cash management et des paiements.
31 rue d'Amsterdam 75008 PARIS
France : +33 (0) 1 44 65 33 84
Belgium : +32 (0) 2 673 64 30
Singapour : +33 (0) 1 44 65 33 84
Mail : info@azzana.net
Linkedin

Le reverse factoring

Le reverse factoring

En ces temps de restriction économique où les réglementations bancaires se succèdent, où l’on se félicite de la solidité de nos établissements bancaires, nous avons tendance à oublier que cette solidité se fait au détriment de toute prise de risque et du rôle majeur de soutien économique que doit apporter un établissement financier.

Or, les entreprises oublient souvent qu’il existe des moyens de financement à court terme qui ne reposent pas uniquement sur la capacité d’endettement. Parmi ceux-là : le reverse factoring qui permet le financement « comptant » de son poste fournisseur via un partenaire financier (banque ou factor).

Principes

Grâce au reverse factoring, un client peut obtenir d’un partenaire financier le règlement comptant de ses dettes fournisseurs, après qu’il les ait validés via un « bon à payer ». Les fournisseurs se verront déduire du montant nominal de la facture une commission composé du taux de financement accordé et de la rémunération du partenaire financier. Le client réglera, lui, réglera le partenaire financier à l’échéance de la facture, son BFR n’est donc pas impacté

Ce fonctionnement repose sur le transfert de risque du financeur : ce risque porte sur le client, car c’est ce dernier qui réglera l’établissement financier. En revanche c’est bien le fournisseur qui bénéficie du taux de financement accordé au client, car c’est lui qui reçoit le financement. Il est donc nécessaire que ce client soit une « bonne signature », ce qui explique que les premiers utilisateurs de reverse factoring aient été les acteurs de la grande distribution et de l’industrie automobile.

Les parties prenantes

Le reverse factoring est donc une vrai relation tripartite entre le client (donneur d’ordre), l’établissement financier et le fournisseur.

Vous trouverez ci-dessous un schéma simplifié illustrant cette relation tripartite :

Le schéma ci-dessus présente un contrat de reverse factoring « normal ». Il s’agit des premiers contrats mis en place avec des clients du type grande distribution ou constructeur automobile. Le fournisseur se fait ici financer l’intégralité de ses factures et, en raison des volumes importants de transactions, le donneur d’ordre peut bénéficier d’une commission d’apporteur d’affaires (en plus de l’escompte négocié avec son fournisseur).

Toutefois de nouveaux types de programmes de reverse factoring ont fait leur apparition : les programmes de reverse factoring collaboratifs. Ici, le fournisseur va demander le financement des factures qu’il sélectionne, comme l’indique le schéma ci-dessous :

L’avantage pour le fournisseur est de maîtriser son financement (et donc ses frais financiers). L’inconvénient pour les autres parties réside dans le caractère aléatoire du volume de financement, qui dépend de la volonté du fournisseur. Cette volumétrie incertaine rend le programme moins attractif pour le partenaire financier qui voit son revenu diminué, et pour le donneur d’ordre qui a moins de chance de négocier une commission d’apporteur d’affaire.

Quels intérêts pour chacune des parties ?

Les intérêts pour le fournisseur sont évidents et ont déjà été exposés en amont dans cet article : financement comptant, à un taux auquel le fournisseur n’aurait pas droit, sans impact sur sa capacité d’endettement.

Pour le donneur d’ordre, l’intérêt du reverse factoring ne se limite pas au pur gain financier (escompte et commission d’apporteur d’affaires). En effet, en proposant à son fournisseur d’être payé dans des délais très courts il sécurise son poste fournisseur à plusieurs niveaux :

  • Le fournisseur réduit son BFR de par le paiement comptant de ses factures, un fournisseur solide financièrement sera plus fiable économiquement, parmi les avantages que tire le client nous pouvons citer la réduction du risque d’approvisionnement.
  • Le fournisseur ne subira plus de retards de paiement, en effet le partenaire financier règle les factures au plus tard à l’échéance même de la facture. La gestion de son poste client en est alors simplifiée et le donneur d’ordre ne consommera plus de ressources à faible valeur ajoutée pour la réconciliation comptable par exemple.
  • Le fournisseur sera fidélisé. Pas seulement par reconnaissance mais surtout par les conditions de paiement avantageuses proposées par son client par rapport à la concurrence. Dans le cas d’un fournisseur stratégique au savoir-faire spécifique, cela revêt une grande importance.

Enfin, l’intérêt pour l’établissement de crédit est de dégager un revenu, composé de la commission de financement (généralement basée sur l’Euribor) et éventuellement de la commission de service (commission d’affacturage s’il s’agit d’un factor), avec un minimum de risque. En effet le risque repose uniquement sur le donneur d’ordre, d’où la nécessité d’être un grand compte pour bénéficier de ce type de financement.

Le reverse factoring, un projet stratégique.

Toutefois, cette relation gagnant-gagnant-gagnant a connu certains freins à son développement, ce qui explique qu’elle soit encore confidentielle malgré son potentiel prometteur. En effet le bon fonctionnement d’un contrat de reverse factoring nécessite un maximum de réactivité dans les échanges de flux entre le client et son fournisseur. Idéalement, le process P2P (Purchase to Pay) doit être développé jusqu’à la dématérialisation de factures. Ainsi la mise en place de plateforme d’échange entre les 3 parties s’est systématisée dans les programmes de reverse factoring.

Ces prérequis font de la mise en place d’un programme de reverse factoring un réel projet stratégique et transversal, concernant les directions financières, SI, achats/logistiques et porté par le donneur d’ordre avec la contribution d’un partenaire financier et des fournisseurs visés par le programme. Comme tout projet stratégique, les entreprises peuvent avoir recours à un cabinet de conseil externe qui va leur apporter son expertise en termes de gestion de projet (notamment la gestion de l’appel d’offre) et en termes de multi-compétences (organisationnel, trésorerie, comptabilité, technologique, légale) le temps de préparer, développer et sécuriser le projet.

Dans cette démarche, Azzana peut vous accompagner dans ce chemin semé d’embûches : Quels fournisseurs sont éligibles au programme ? Puis-je maximiser toutes les composantes du programme ? Quel est le réel coût (et le réel gain) d’un tel projet ?

Vous souhaitez en savoir plus ? Entrez simplement votre e-mail ci-dessous: